Consommation

Pourquoi éviter les protections hygiéniques jetables ?

Il me semblait important d’aborder le sujet des menstruations dans un article. Sujet longtemps tabou, il est de plus en plus abordé notamment par les politiques. Polémiques santé sur les protections jetables, TVA (la “taxe tampon”), précarité menstruelle… autant de raisons d’aborder la question des règles.

La composition des serviettes, protèges-slips et tampons hygiéniques jetables est assez floue. Ils sont souvent composés de substances toxiques, sont polluants et coûteux. Pourtant, là aussides alternatives existent. Il s’agit une nouvelle fois de solutions réutilisables, saines et plus écologiques, contrairement aux protections que nous connaissons tous. J’aurai l’occasion de vous parler de ces alternatives dans un prochain article.

D’abord, un petit focus sur les protections menstruelles jetables,les plus utilisées et les plus commercialisées.

Le coût des protections hygiéniques jetables

Utilisées dès les premières règles (entre 12 et 13 ans) et jusqu’à la ménopause (entre 45 et 55 ans), les règles coûtent cher aux femmes ! Avec des cycles de 28 jours en moyenne, elles peuvent avoir leurs règles 13 fois dans l’année. Soit environ 500 fois dans leur vie. Les menstruations durent en moyenne cinq jours, voir plus. On est alors autour de 2 500 jours de règles soit entre 10 000 et 15 000 produits pour des durées d’utilisation de 4 à 6h. En regardant quelques sites, je constate que les prix oscillent entre 0,05 à 0,65€ pièce pour les protections jetables. Je vous laisse faire le douloureux calcul… C’est énorme !

Le coût est difficilement estimable car varie selon chaque femme. Différents facteurs entrant en jeu : les marques, les protections utilisées et les recommandations d’utilisation, nos propres pratiques, la durée des pertes de sang, le flux… Il peut y avoir des périodes sans règles comme lors d’une grossesse, une maladie ou encore lors de l’utilisation de certaines pilules. Aussi, la prise d’antidouleurs peut également être nécessaire, ce qui entraîne un coût supplémentaire.

Les sommes dépensées pèsent sur le budget de nombreuses femmes. Notamment les étudiantes, les femmes en situation de précarité et les femmes sans domicile fixe, qui sont en plus confrontées à la difficulté d’accéder à des lieux d’hygiène.

L’association Règles Élémentaires est créée en 2015, c’est la première en France à lutter contre la précarité menstruelle. En 2016, la TVA sur les protections hygiéniques féminines est passée de 20 % à 5,5 %. En 2019, l’Université de Lille a été la première en France à offrir des kits de protection hygiénique, à l’initiative de Sandrine Rousseau. Dans l’article de la Voix du Nord, on peut lire : « L’idée de cette distribution gratuite m’est venue quand j’ai vu que l’Écosse avait adopté le principe du libre-service des protections féminines dans les lycées ». En février 2021, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a annoncé la mise à disposition de protections hygiéniques gratuites pour les étudiantes. De bonnes initiatives !

Des résidus potentiellement toxiques

En 2016, 60 Millions de consommateurs a diffusé une enquête sur les composants utilisés dans leur fabrication. Et cela fait peur ! Elle met “en évidence des résidus potentiellement toxiques – dioxines, glyphosate et autres pesticides – dans des produits de grandes marques et de marques bios.” Certaines de ces substances sont connues pour être des perturbateurs endocriniens ou produits cancérigènes. C’est vraiment inquiétant, au vu du nombre de femmes concernées dans le monde !

La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes a également mené une enquête sur la sécurité des produits d’hygiène féminine (serviettes, tampons hygiéniques, protège-slips et coupes menstruelles). Elle aussi a retrouvé des “substances indésirables” dans de nombreuses protections féminines.

Pour des articles d’hygiène destinés à être directement en contact avec notre corps, cela pose franchement problème. Des produits de consommation courante, qui devraient être sains et inoffensifs mais qui ne le sont pas… Jusqu’à trouver des traces résiduelles de glyphosate. Oui oui, vous lisez bien, du glyphosate, ce produit chimique et célèbre herbicide dont la dangerosité fait parler.

L’ANSES, agence nationale de sécurité sanitaire, s’est également penchée sur le sujet avec une évaluation des risques sanitaires relative à la sécurité des protections intimes. On “recommande d’éliminer ou, à défaut, de réduire autant que possible, la présence de substances chimiques dangereuses dans les matériaux constituant les protections intimes, notamment les substances présentant des effets CMR, perturbateurs endocriniens et sensibilisants cutanés.”

Les serviettes hygiéniques parfumées sont plus irritantes et à éviter

L’absence de composition précise sur les emballages

En Europe, il n’existe pas de réglementation spécifique encadrant la composition, la fabrication ou l’utilisation des produits de protection intime.Elles varient en fonction des marques et des fabricants et il est difficile de connaître avec précision l’ensemble des composants. Or n’avons-nous pas l’habitude de juger un produit en fonction de la liste de ses ingrédients ?

L’absence de composition sur les emballages a été dénoncée à plusieurs reprises suite au manque de transparence des marques. Une étudiante a lancé une pétition qui a récolté plus de 300 000 de signatures. Cette absence d’étiquetage a été évoquée au Sénat en 2015 puis au Parlement européen en 2016.

En 2019,60 Millions de consommateurs a sélectionné quinze références et seule la moitié affichaient les composants sur leur emballage. Les constats du magazine : “Comme le montre notre nouvelle enquête, trop de marques restent floues sur les composants utilisés dans leurs protections périodiques […] En l’absence de réelle contrainte, il y a peu de chances pour que les marques s’engagent vraiment pour une information abondante.”

Au final, les serviettes et tampons sont en grande majorité fabriqués à partir de matières synthétiques ou plastiques. Les ingrédients peuvent être issus de ressources non-renouvelables et de ressources renouvelables, mais pas pour autant non polluantes comme par exemple la cellulose ou le coton. Prenez le temps de lire les informations que les marques ont bien voulu noter.

La pollution que génère les protections jetables

D’après le site Zero Waste France, “chaque année, plus de 2 milliards de tampons et serviettes menstruelles jetables sont jetés en France.” En plus des risques potentiels pour la santé des protections hygiéniques, il y a bien sûr les conséquences sur l’environnement.

Il est clair que les protections hygiéniques à usage unique polluent. Elles génèrent des déchets tout au long de leur vie. Tout d’abord à la production / l’extraction des matières,qui nécessitent d’importantes ressources. Ensuite à la fabrication, la distribution, l’utilisation et enfin la fin de vie. Pour plus d’informations sur le sujet, il est possible de consulter la fiche “Hygiène et beauté – Impacts environnementaux et labels” sur la librairie de l’ADEME, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Les produits utilisés ne sont pas toujours très sains comme les enquêtes peuvent le démontrer. Les pesticides et autres substances chimiques employés se retrouvent donc ensuite dans nos poubelles ! Nous jetons les emballages en papier et carton, les emballages en plastique ou encore les applicateurs. Puis les protections elles-mêmes. Or les serviettes et les tampons ne sont pas recyclables et se retrouvent donc dans les ordures ménagères. Elles sont incinérées ou enfouies. Pollution de l’air, pollution des sols et émissions de gaz à effets de serre sont alors au rendez-vous… Sans parler de ces déchets que l’on retrouve malheureusement souvent dans les stations d’épurations car jetées dans les toilettes. Ces produits sont vraiment problématiques pour l’environnement

Dans mon article sur les alternatives aux cotons-tiges jetables, j’avais évoqué le triste top 10 des déchets que l’on trouve le plus à la plage… Les serviettes hygiéniques, tampons, etc. sont les 5ème déchets en plastique à usage unique trouvés sur les côtes.

Top 10 des déchets en plastique à usage unique trouvés sur les côtes

Source : https://www.europarl.europa.eu/

Suite à une collaboration avec Sophie du site Mes menstruelles, je vous parle dans un second article des alternatives pour des règles zéro déchet. Des solutions efficaces, réutilisables, plus saines, plus économiques et plus responsables ! 😉

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