Achats de proximité
Consommation

Les bonnes raisons d’acheter et manger local

Notre alimentation a des impacts sur l’environnement. Elle représenterait, selon l’Agence de la transition écologique (anciennement ADEME – Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), entre 20 et 50% de notre empreinte environnementale. La demande est croissante, tout comme le gaspillage alimentaire. Le tiers des gaz à effet de serre proviendrait de notre alimentation avec la production, la distribution et la consommation… C’est pourquoi je vous parle dans cet article des bonnes raisons d’acheter et manger local.

C’est pour nous un bonheur de pouvoir récolter, cuisiner et manger ce que l’on fait pousser dans le jardin. Produire sa propre nourriture est vraiment gratifiant. Mais pour ce qui est du reste, j’essaye petit à petit de changer nos habitudes d’achats en privilégiant les commerces de proximité et les fermes proches de chez nous. De nombreux aliments que nous consommons parcourent en effet des milliers de kilomètres avant de finir dans nos assiettes. J’essaye de les limiter s’il n’y a pas d’alternative locale, surtout pour les fruits. Tout comme les légumes, j’en achète très peu au cours de l’année, privilégiant nos récoltes. Je trouve cela très important d’acheter local et de saison et cela pour différentes raisons. 

L’impact environnemental

Acheter et manger local est plus respectueux pour l’environnement car les producteurs se trouvent seulement à quelques kilomètres de chez nous. Il n’y a pas besoin d’acheter des produits ayant parcourus des centaines voire des milliers kilomètres en passant par différents intermédiaires alors qu’on peut les avoir « à notre porte ». Alors que l’on parle de plus en plus des émissions en CO2, il est important d’agir en tant que consommateur d’autant plus que la consommation est l’affaire de tous. Il faut rappeler que l’effet de serre additionnel (celui causé par l’Homme) est principalement dû à l’élevage et l’agriculture intensive.

Nous devons nous responsabiliser et utiliser notre pouvoir d’achat pour défendre des valeurs, des idées. Notre porte-monnaie a en effet un certain pouvoir : nous pouvons faire le choix d’acheter mieux. Alors faisons-le, achetons de manière plus responsable ! Consommer, c’est choisir ! Arrêter de surconsommer et gaspiller, fuir les rayons surchargés, l’abondance des produits et le suremballage, favoriser les producteurs locaux et consommer moins de viande… Nous sommes tous des acteurs de la lutte contre le changement climatique. Je pense que l’on peut promouvoir l’écologie par l’économie, par nos choix. Quand on voit les modes de production intensifs pour la viande, le poisson ou certains de nos fruits et légumes ainsi que l’utilisation irraisonnable de nombreux pesticides nocifs, cela  donne matière à réfléchir, non ? 

Et comme on réduit le transport, autant le faire à fond. J’aime faire ces achats à pied ou en vélo, lorsque c’est possible. Cela me permet de prendre l’air après une journée de travail ou le samedi matin et profiter du soleil et du paysage avec une petite balade. C’est aussi parfois une raison de bouger un peu de chez soi lorsqu’il fait moins beau et que l’on a tendance à rester enfermé.

La fraicheur des produits

En plus d’être une bonne idée sur un plan écologique, ça l’est aussi sur le plan gustatif. La chaîne étant beaucoup plus courte, les produits sont plus frais et sont de bonne qualité. Il n’est pas rare que le produit acheté soit cueilli / préparé le matin même de notre achat.

Les producteurs peuvent aussi se permettent de proposer leurs légumes dits « moches » car légèrement tâchés, un peu trop gros, un peu trop petits ou difformes. Ils sont tout aussi bons mais légèrement différents et ne répondent donc pas aux normes de la grande distribution… La faute à qui ? Nous, consommateurs. Souhaitant toujours acheter le produit à l’aspect parfait et laissant les autres fruits et légumes sur les bras des producteurs. De belles initiatives en leur faveur se développent, heureusement, pour limiter ce gaspillage alimentaire. A l’avenir, réfléchissons aux critères esthétiques et ne boudons pas les imperfections de la nature !

Acheter et manger local permet de consommer de la nourriture fraîche et de saison, elle a donc du GOÛT ! 

Le goût et les nouvelles saveurs

J’adore manger et le goût de la nourriture est important, les produits locaux sont de bonne qualité et franchement meilleurs ! C’est une grande satisfaction de les cuisiner. Acheter local a été aussi pour moi l’occasion de découvrir de nouvelles saveurs. Mes grands-parents produisaient leur propre beurre mais ils se sont séparés de leurs dernières vaches peu de temps après ma naissance. Je n’ai donc jamais connu cette époque. Alors la première fois que j’en ai acheté dans une des fermes à proximité de chez nous, j’ai eu l’impression de découvrir pour la 1ère fois le goût du beurre ! Le lait de ferme est lui aussi très différent de celui que l’on achète dans le commerce. 

Beurre fermier avec le dessin de la vache

C’est pareil pour de nombreux fruits et légumes comme par exemple les tomates. Avez-vous déjà eu l’occasion de comparer ? Celle toute pâle, dure, gorgée d’eau, souvent cultivée hors sol et la VRAIE tomate, de votre jardin ou du maraîcher local ? Elle est de couleur rouge vif, charnue et tellement délicieuse. On croquerait dedans comme on le fait généralement pour une pomme, c’est vraiment autre chose ! 

Et les fraises ? J’ai toujours trouvé aberrant de voir des barquettes mises à la vente en plein hiver… La saison des fraises débute chez nous en mai ou juin, en fonction de la pluie et l’ensoleillement. C’est tellement meilleur de les consommer quand l’été arrive. Chaque année, nous en récoltons de belles quantités, elles sont bio et il n’y a rien de mieux. Il est essentiel de faire preuve de bon sens et manger de saison, cela revient également moins cher.

Acheter et manger local ET de saison, le stockage et le transport étant réduits, les récoltes se font au fur et à mesure et à bonne maturité. Cela assure un bon goût et un bon apport en vitamines et minéraux, au fil des saisons. Ils sont alors plus bénéfiques pour notre santé grâce à leur apport nutritionnel, c’est tout à notre avantage. Et pour prolonger le plaisir, nous faisons des conserves maison, de la confiture, nous congelons nos fruits et légumes de saison et faisons sécher nos herbes aromatiques pour nos plats ou infusion. C’est une excellente façon d’anticiper pour les saisons futures, de manger sainement, été comme hiver et d’avoir nos propres légumes au menu tout au long de l’année. 

La découverte des produits VRAIMENT locaux

De nombreux produits ne sont bien sûr pas adaptés à notre terroir et à chaque saison. Même localement, il n’est donc pas très écologique de les acheter. Il ne faut par exemple pas compter sur des bananes ou des mangues locales… Cela reste donc pour nous des achats très occasionnels. Le bémol resterait donc la disponibilité des produits au cours de l’année et le choix plus restreint. Mais comme je le disais au dessus, c’est l’occasion de découvrir ou redécouvrir des saveurs oubliées ou même inconnues et de voir ce qui se fait sur son propre territoire. On se rend alors compte que ce n’est pas le choix qui manque, finalement. 

Acheter et manger local, c’est aussi se renseigner sur les cultures locales et les espèces s’adaptant très bien au climat de la région. Nous avons partout en France d’excellents fruits et légumes et on peut faire de belles découvertes ! Par exemple, la Région Hauts-de-France possède une très belle place pour la culture des oignons, de la betterave rouge, de la pomme de terre, du poireau, de la chicorée frisée, du cresson, des cornichons, du chou, des champignons ou encore de l’endive (chicon). En termes de fruits c’est principalement la pomme, la poire et les fruits rouges. 

En dehors des fruits et légumes, nous avons également une belle palette de produits régionaux. Je pense par exemple à la production de céréales, qui occupe une grande part du paysage de la région. Au maroilles, au bleu d’Arras, au Vieux-Lille et à la mimolette. Aux sucreries comme la bêtise de Cambrai et la pastille du mineur de la famille Verquin à Tourcoing. Il faut savoir qu’un bonbon français sur quatre proviendrait du Nord-Pas-de-Calais, notamment grâce à l’entreprise Lutti (2ème marque de confiserie en France) dont le principal site de production se situe à Bondues. Nous avons également des boissons à base de chicorée (pouvant être considérée comme une alternative au café), du bon cidre, d’excellentes bières locales et autres boissons alcoolisées comme le Perlé de groseille ou le Genièvre. 

Les fruits et légumes de saison en Hauts-de-France (source : hautsdefrance.fr)

Source : https://www.hautsdefrance.fr/

Le lien social, la confiance et la reconnaissance

Le fait d’acheter aux commerces de proximité permet également de rencontrer et d’échanger avec les producteurs et d’être conseillé, comme avec la fermière pour nos yaourts fait-maison. C’est également la possibilité de les questionner sur la façon de cultiver, produire ou consommer, voir le lieu où les produits sont cultivés et parfois même la façon dont les producteurs travaillent. C’est pour moi important d’avoir un lien direct avec les producteurs et mieux connaître leurs méthodes.

Aussi, je pense que c’est valorisant pour les éleveurs, agriculteurs, maraîchers, producteurs et pour leurs familles de voir leur travail et leurs produits appréciés. Ils ont alors une certaine reconnaissance de par les échanges avec les clients et leurs retours sur les produits. Nous sommes leur clientèle, parfois fidèle depuis des années, et non des anonymes dans un hypermarché quelconque. 

Le coût et la rémunération

On fait marcher l’économie locale en soutenant les artisans et les producteurs, on soutient l’emploi local. Contrairement à ce que l’on pense souvent, cela ne coûte pas forcément plus cher car les différents intermédiaires sont supprimés ou du moins très limités (un seul maximum). Le coût du transport et du stockage est lui aussi limité, ce qui réduit les dépenses. 

On rémunère mieux les producteurs en achetant de cette façon. On paye le « vrai prix des choses », sans tirer les prix vers le bas comme peut le faire la grande distribution. Alors qu’ils ont très peu de marge de négociations avec les centrales d’achats, ils ont de cette façon plus de liberté pour se rémunérer à un prix raisonnable et juste. Chacun y gagne ! Ces ventes locales permettent souvent de produire moins mais mieux, privilégier la qualité à la quantité. Et moi aussi, j’achète moins mais j’achète mieux et je privilégie le fait-maison alors niveau budget, on s’y retrouve tout à fait. 

Le zéro déchet

J’essaye pour ces achats (pain, farine, flocons d’avoine, œufs, lait, beurre, yaourts…) de privilégier le zéro déchet : 

  • J’utilise le filet à provisions FILT, fabriqué en France (Normandie), que mon frère et ma belle sœur m’ont offert ou un tote bag. Lorsque je suis en vélo, j’utilise tout simplement un sac à dos. C’est le moment de sortir vos beaux sacs cabas, vos jolis paniers en osier ! 
  • J’ai demandé à ma mère de me coudre un sac à pain. Je l’utilise désormais lors de mes passages en boulangerie.
  • Je réutilise toujours les mêmes boîtes d’œufs pour aller à la ferme et cela depuis plusieurs années.
  • J’ai récupéré deux bouteilles de jus de fruits en verre que j’utilise pour aller chercher mon lait.
  • Je déchire en petits morceaux les sacs en papier du moulin et je les mets dans notre composteur. 

Pour l’achat des fruits et légumes, il est possible d’utiliser des filets, sacs à vrac, bocaux, cagettes ou encore des paniers. Si vous avez des vieux sacs en plastique ou papier de vos fruits et légumes achetés en magasin ou sur le marché, c’est le moment de les ressortir afin de les réutiliser.

Il ne faut vraiment pas hésiter à présenter son contenant et demander à ce que le produit soit mis directement dedans. Ce sont des habitudes toutes simples à prendre ! Et le fait de privilégier les mêmes lieux, les producteurs se souviennent de vous. Il faut faire changer les pratiques en étant de plus en plus nombreux à faire ces gestes simples.

Où acheter local ?

Renseignez-vous sur les circuits-courts et les producteurs locaux proches de chez vous afin de pouvoir acheter et manger local. Allez à leur rencontre pour découvrir et tester les produits disponibles. Vous ne serez pas déçus ! Il existe aussi les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), La Ruche qui dit oui !, des lieux de cueillette… Et le top du top reste de faire son propre potager, de planter des herbes aromatiques, des petits arbustes ou arbres fruitiers selon la place que vous avez. 

Pour connaître où acheter local : https://www.ouacheterlocal.fr/ et https://locavor.fr/

Acheter et manger local, un atout pour SOI et pour l’ENVIRONNEMENT.

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