Alzheimer mon amour, livre de Cécile Huguenin
Lecture

Livre « Alzheimer mon amour »

Cécile Huguenin a écrit le livre « Alzheimer mon amour » où elle parle de son histoire avec Daniel, son mari atteint d’Alzheimer. Cette maladie affecte peu à peu la mémoire, le langage, les gestes, la comportement, la reconnaissance… Et elle ne touche pas que le malade mais aussi son entourage. Il apporte un regard sur le point de vue et les sentiments des aidants et des proches des malades d’Alzheimer : un mélange de colère et d’amour… Et une question : peut-on faire le deuil d’un couple alors que l’être aimé est encore en vie ? Le deuil d’un parent ? Grand-parent ? D’une sœur ? … Trente ans de vie commune, alors elle essaye de garder son mari auprès d’elle le plus longtemps possible. L’auteur retrace leur parcours, décrit les différentes phases par lesquelles elle est passée, l’espoir d’une amélioration, les échecs, le renoncement… toujours dans le respect pour l’autre. Son témoignage est touchant, triste mais beau, une très belle histoire d’amour !

Extraits du livre

« Deux longues années à constater, impuissante et solitaire, son naufrage progressif et inéluctable, comme si chaque jour un petit morceau de lui venait s’engloutir dans des profondeurs inconnues. Rien d’autre que de s’agripper à sa main pour le retenir, au risque de disparaître avec lui. »

« Sur ce chemin dont nul ne connaît la longueur, mais tous l’issue, il perdra chaque jour un fragment de lui-même et de leur histoire. On se fait à l’idée de la mort. Mais comment va-t-elle faire désormais avec celui qui est là sans être là ? Peut-on faire le deuil d’un être vivant ? Comment ? A-t-on décrit des étapes de survie pour celui qui reste face à un couloir vide ? »

« … ce combat sans espoir de victoire. »

« Ce matin là, elle a « su ». L’intuition fulgurante que rien ne sera plus comme avant. Déchirure entrevue, vite pansée de déni et de refus. »

« Ce ne sont pas seulement les souvenirs qui sont oubliés, mais de plus en plus les choses essentielles, écrire, parler, marcher, manger, respirer, et pour finir, comment rester en vie. » Stefan Merrill BLOCK – Histoire de l’oubli

« Que je pleure, que je crie ou que je me taise, il a fini par arriver ce moment décisif. Ce jour où l’on sait que la vie bascule et qu’il n’y aura plus d’échappée belle. Plus le moindre sursis à dérober au destin et savourer en douce dans un recoin secret du monde. »

« Il ne dit plus avec assurance aux visiteurs : « Je vous connais », pour être bien sûr de ne pas être pris en défaut d’ignorance. De l’affirmation, il a imperceptiblement glissé vers le doute : « Je vous connais ? » Le point d’interrogation suspendu dans le tremblement de sa voix change tout. Et un jour, poliment, à son frère : « Je ne vous connais pas, monsieur. » A qui le tour ? Je teste vainement les derniers repères. Je cite les prénoms, des enfants, des amis. Je décris les visages, des lieux, lui raconte des petites histoires qui nous unissaient. Je guette une lueur, un éclair dans ses yeux. D’un air las et absent, il acquiesce : Oui, oui. » Silence. J’essaie encore, (…) » 

« Le langage ne représente qu’une parcelle de nos capacités de communication. Notre incapacité à entrer en contact avec ces malades ne signifie pas forcément qu’ils n’ont plus de vie intérieure, de sentiments, de sensations. »

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