Livre Maman est-ce que la chambre te plaît ?
Lecture

Livre « Maman, est-ce que ta chambre te plaît ? »

Le livre de William Réjault intitulé « Maman, est-ce que ta chambre te plaît ? Survivre en maison de retraite » m’a beaucoup touché. Ayant eu l’habitude de fréquenter pendant des années une maison de retraite, le témoignage de cet infirmier m’interpelle forcément.

Dans son ouvrage, il parle du ressenti des résidents, nos parents, grands-parents, amis ou voisins. Mais également celui des soignants avec son quotidien en institution en tant qu’infirmier. L’auteur va aussi aborder les différentes formes de maltraitance avec des expériences vécues. Il fait des remarques pertinentes sur le sujet, qui ne laissent pas insensible. Il y a une réflexion à avoir sur la place des seniors dans notre société, leur prise en charge et sur les moyens apportés. Un livre qui fait réfléchir… Parce qu’un jour nous serons à leur place !

Extraits du livre

« Evidemment, certaines morts sont plus marquantes que d’autres, certaines personnes vont nous manquer plus que d’autres. C’est terrible, la mort d’un vieux. (…) un vieux qui meurt, c’est quatre-vingt-dix ans d’existence qui partent, quatre-vingt-dix ans d’amitié, d’amour, d’histoires plus ou moins rocambolesques, de coups de foudre, de grands moments, de traîtrises, de voyages… »

« Je m’appelle William, j’ai trente-trois ans et je suis infirmier dans une belle maison de retraite, renommée, au cœur de Paris. Un matin, cet hiver, en plein travail, j’ai été victime d’une intoxication au monoxyde de carbone. On ne peut pas parler d’accident. J’ai simplement failli mourir parce que le groupe qui m’emploie est prêt à tout pour faire des économies. Même à risquer la vie de son personnel. Même à sacrifier les personnes âgées qui le font vivre. Même à laisser une place à la maltraitance pour gagner 10 euros. Je travaille pourtant dans une des maisons de retraite les plus chères de Paris, parmi les premières dans les classements. En France, la maltraitance est devenue le quotidien de bon nombre d’institutions pour personnes âgées. Manque d’effectifs, manque de moyens, les raisons sont innombrables, mais elles nous ramènent toutes à une seule question : quelle place réserve-t-on à la vieillesse dans notre société et dans nos propres vies ? Que va-t-on faire de vous, qui allez vivre bien plus longtemps que vos parents, que vos grands-parents? Un enfant sur deux né en 2009 finira centenaire. Vivre vieux, oui, mais à quel prix ? »

« Toutes les personnes qui entrent en maison de retraite ont du mal à s’adapter. Elles se retrouvent du jour au lendemain dans un endroit anonyme, dans lequel elles n’ont aucun souvenir, presque aucun effet personnel. Tous sont partis en laissant derrière eux leurs habits, leurs meubles, leur maison, leurs photos…leur vie. Ils arrivent avec le sentiment qu’il viennent chez nous pour attendre la mort. Ils s’y préparent. Nous somme l’antichambre avant le grand saut, ils s’arc-boutent sur leur fonctionnement d’adultes, leurs heures de lever, de repas, leurs façons de faire. »

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