Livre J'ai rendu mon uniforme de Mathilde Basset
Lecture

Témoignage : « J’ai rendu mon uniforme »

Mathilde Basset est infirmière. En 2017, elle publie une lettre ouverte adressée à la ministre des Solidarités et de la Santé pour dénoncer les conditions de travail des soignants. Deux ans plus tard, elle poursuit cette démarche avec « J’ai rendu mon uniforme », un témoignage qui met en lumière les difficultés du système hospitalier et le mal-être d’une partie des professionnels de santé.

Choisir un métier de l’humain — que ce soit dans le soin, le travail social ou encore l’insertion —, c’est souvent être animé par une même envie : accompagner, écouter, transmettre et aider… Ces professions reposent avant tout sur la relation à l’autre et on souhaite avoir un impact positif. Elles demandent du temps, de l’attention et de la disponibilité pour exercer un travail de qualité. Elles nous apprennent aussi beaucoup sur nous-mêmes, nous confrontent à nos limites et nous rappellent l’importance de l’humilité.

Mais derrière l’engagement des soignants se cache parfois une réalité bien différente : contrats précaires, salaires insuffisants, manque de moyens, de considération, pression constante, fatigue physique et mentale, perte de sens… C’est cette réalité que Mathilde Basset choisit de raconter et de dénoncer.

J’ai trouvé cette lecture intéressante mais j’aurais apprécié davantage d’anecdotes ou de situations concrètes. Et même s’il faut éviter de généraliser ces expériences à l’ensemble de la profession, ce livre permet de mieux comprendre le quotidien de nombreux soignants et les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Extraits du livre

« (…) Donc je m’imagine des œillères et j’avance, laissant derrière moi couler au goutte-à-goutte encore un peu de mes valeurs soignantes axées sur le relationnel, l’empathie et la dignité de la personne. »

« J’écris pour me soulager et prendre du recul. J’écris pour informer mes proches et mes anciens collègues de ce que je vis. J’écris pour dénoncer les conditions d’accueil et d’hébergement en EHPAD auprès de mes contacts Facebook et des autres. Il n’est pas normal que seules les personnes concernées par les maisons de retraite soient au courant de ce qu’il s’y passe. J’écris aussi à la ministre, sans imaginer qu’un jour elle lirait cette lettre. »

« Si l’on commence à vouloir mettre du sens dans notre pratique aujourd’hui, et à réfléchir pour dénouer des situations complexes, cela donne ce que j’ai fait : on arrête. »

« On apprend sur les bancs de l’amphithéâtre que la relation de confiance soignant-soigné, l’alliance thérapeutique et la communication sont de vrais atouts dans la prise en charge et agissent sur l’amélioration de l’état de santé d’un patient. Mais concrètement, dans les services, le relationnel est le premier aspect du métier qui est laissé pour compte. »

« Ces rencontres ont été mes premières vraies relations soignant-soigné (…) C’est aussi à ce moment que se sont confirmées l’importance, la beauté et la complexité de l’aspect relationnel du métier d’infirmière tel que je l’envisageais. La personne que j’étais et l’infirmière que j’étais devenue parvenaient ensemble à apporter de la vie dans la dernière demeure de ces personnes. »

« Si c’est la fin, il faut juste accompagner, être là, rendre ce moment le plus serein possible pour la personne qui s’en va, (…) »

« (…) Ses petites habitudes m’attendrissaient. Souriant, ouvert d’esprit, curieux, intéressé par le vécu et la personnalité de chacun, son expérience de la vie le rendait intéressant. »

« Ce sont ces échanges, ces rencontres qui me donnaient envie de me lever le matin. Ce sont ces sourires, la complicité avec les résidents, leur confiance aussi qui donnaient du sens à mon travail d’infirmière, à ma présence, à ma résistance face à la fatigue et à la lassitude. Sans la communication et le relationnel, la possibilité d’une vie sociale des personnes accueillies est plus que compromise. C’est en cela que le temps consacré à observer ces résidents, à interagir avec eux, pour d’autres raisons que des soins à proprement parler, est primordial pour une infirmière en EHPAD. Aussi bien pour le bien-être des résidents que pour celui de la soignante. D’ailleurs, même la qualité du travail de l’infirmière dépendra de la connaissance qu’elle a de ses résidents, leurs habitudes, leurs appréhensions. Étonnant, n’est-ce pas ? Heureusement, tout ceci semble bien clair dans la tête des gens responsables de la politique de santé nationale… »

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